Alpe d'Huez et Tour de France : l'histoire d'une ascension devenue mythe

Cyclisme · Tour de France

21 virages.
Un monument.

13,8 km à 8,1 % de moyenne, 1 120 m de dénivelé, et 21 lacets numérotés à rebours qui portent chacun un nom de vainqueur. Depuis 1952, l'Alpe d'Huez est la scène sur laquelle le cyclisme écrit ses pages les plus intenses.

Mis à jour en septembre 2026, après la double ascension du dernier Tour.

Il y a des routes qui n'ont pas besoin d'être expliquées. On dit « l'Alpe d'Huez » à n'importe quel passionné de cyclisme, n'importe où, et les images arrivent seules : la foule compacte de part et d'autre du bitume, les bras tendus à quelques centimètres des roues, les cris qui percent la chaleur de juillet.

Et en juillet 2026, la montagne a fait quelque chose qu'elle n'avait jamais fait : elle a été gravie deux jours de suite.

13,8 km
à 8,1 % de moyenne, pour 1 120 m de dénivelé positif.
21
virages numérotés à rebours, chacun portant un nom de vainqueur.
34
étapes au palmarès de l'Alpe, dont les deux du Tour 2026.

2026 : deux ascensions, deux jours de suite

La double ascension n'était pas une invention de 2026 — l'Alpe avait déjà été gravie deux fois dans une même journée en 2013. Mais le format consécutif sur deux jours, lui, était inédit.

Le Tour 2026 a programmé la montagne sur ses étapes 19 et 20, à quelques jours seulement de Paris. L'étape reine cumulait 5 600 m de dénivelé positif sur 171 km, avec quatre cols majeurs avant l'arrivée au sommet : la Croix de Fer, le Télégraphe, le Galibier — toit du Tour cette année-là — puis le col de Sarenne, dont le versant sud-est n'avait jamais été gravi par la course.

Avec ces deux passages, l'Alpe d'Huez a inscrit ses 33e et 34e étapes à son palmarès. Aucune autre ascension alpine n'approche ce chiffre.

Pourquoi le bas est plus dur que le haut

La pente moyenne de 8,1 % donne une idée, mais une idée trompeuse. L'Alpe d'Huez ne monte pas de façon régulière : elle frappe fort immédiatement, puis relâche.

km 0 → 2
plus de 10 %
km 2 → 9
8 à 10 %
km 9 → 12
7 %, avec des pointes à 13 %
dernier km
5 %

Les deux premiers kilomètres dépassent les 10 %, alors que les jambes sortent à peine du plat de Bourg-d'Oisans. C'est là que les écarts se creusent — pas dans le final. Les coureurs qui attaquent d'emblée prennent un risque énorme ; ceux qui partent trop sagement ratent le moment. Le terrain exige un dosage presque instinctif.

S'ajoute une bascule que les données ne montrent pas. Les premiers lacets passent dans un couloir de forêt épaisse : l'ombre y est fraîche, le bitume rugueux. Puis la route s'ouvre sur les prairies, et d'un coup on est visible de partout. Le ciel paraît plus grand. La souffrance aussi.

Route de l'Alpe d'Huez avec ses virages numérotés sous la lumière alpestre
Le virage 21, point de départ du supplice, là où Coppi a tracé le premier sillon en 1952.
Affiche vélo vintage Le vieux gaulois illustrée par Cyril
Les lacets du bas
Affiche « Le vieux gaulois »
★★★★★
Ces deux premiers kilomètres à plus de 10 %, où chaque coup de pédale est une négociation avec le corps. Pour ceux qui connaissent le bruit de leur propre souffle dans les virages du bas.
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Les 21 virages et leurs noms : une mémoire verticale

Les panneaux bleus fixés au bord de la route ne sont pas des décorations. Chaque virage est numéroté à rebours — du 21 tout en bas au 1 juste avant l'arrivée — et chacun porte le nom d'un vainqueur au sommet, attribué dans l'ordre chronologique.

Le virage 21, le plus bas et le plus raide, revient donc logiquement à Fausto Coppi, premier vainqueur en 1952. Le 20 à Joop Zoetemelk, pour 1976. Le 19 à Hennie Kuiper, pour 1977. Et ainsi de suite, jusqu'en haut. Comme les vainqueurs sont désormais plus nombreux que les lacets, les noms les plus récents viennent s'ajouter sur des panneaux déjà occupés.

Le virage 7, ou pourquoi il est orange

Le Dutch Corner n'est pas un caprice de supporters. La domination néerlandaise sur l'Alpe est historique : plus de huit victoires au sommet, avec Zoetemelk, Kuiper, Winnen et les autres. C'est cette moisson qui a fait du virage 7 un territoire orange.

Chaque été de Tour, des milliers de Néerlandais s'y installent plusieurs jours à l'avance. Le bruit y est assourdissant, la fumée des barbecues monte entre les drapeaux, et les coureurs doivent littéralement se frayer un couloir humain. Nulle part ailleurs dans le cyclisme mondial on ne trouve cette densité émotionnelle concentrée sur un seul virage.

Six éditions qui ont fait la légende

Clique sur une année pour revivre ce qui s'y est joué.

  
Première arrivée

1952 — Coppi ouvre le livre

Le 4 juillet 1952, le Tour tente une arrivée inédite au sommet d'une station de ski encore peu connue, sur une route sinueuse que les voitures elles-mêmes négocient difficilement. Au pied de la montée, un homme accélère : Fausto Coppi, le Campionissimo. Il lâche ses compagnons comme on éteint une lumière et signe la première victoire d'étape au sommet.

Cette arrivée est fondatrice. Elle prouve qu'une montagne peut devenir un théâtre, que le public peut s'agglutiner sur un versant, et que le cyclisme peut fabriquer des images que rien d'autre ne produit. Coppi n'a pas seulement grimpé ce jour-là : il a indiqué la direction à toutes les générations suivantes.

Date4 juillet 1952
Ce qui resteLe virage 21 porte son nom
Après24 ans d'absence, retour en 1976
Le pacte

1986 — Hinault et LeMond, main dans la main

Peut-être le jour le plus étrange de l'histoire de l'Alpe. Bernard Hinault, déjà quintuple vainqueur du Tour, part devant avec Greg LeMond, son propre équipier chez La Vie Claire. Les deux hommes roulent ensemble, échangent des relais, et franchissent la ligne bras levés, main dans la main.

La scène est belle. Elle est aussi ambiguë. Hinault avait promis d'aider LeMond à gagner ce Tour ; en attaquant comme il l'a fait, il a failli tout faire basculer. LeMond finira en jaune à Paris, mais la tension entre les deux hommes restera. Le geste d'arrivée cache autant qu'il montre.

DateJuillet 1986
ÉtapeBriançon – Alpe d'Huez
IssueLeMond remporte le Tour
Le chrono

1997 — Pantani et la danse

Marco Pantani monte différemment des autres : moins de muscles, plus de danse. Hors de selle, ce mouvement de balancier caractéristique, il semble aspirer la montagne vers lui plutôt que la gravir. Il s'impose au sommet en 1995 et en 1997, et signe les deux ascensions les plus rapides jamais enregistrées sur ces 21 virages.

Le chrono exact fait débat : selon les sources et le point de départ retenu, on cite 36 min 40 s en 1995 — soit 23,08 km/h de moyenne — ou 37 min 35 s en 1997. Dans les deux cas, le record appartient à Pantani, et il tient toujours. Le contexte de l'ère EPO jette évidemment une ombre sur ces performances.

Victoires1995 et 1997
Record36 min 40 s selon la mesure retenue
Vitesse23,08 km/h de moyenne
La double montée

2013 — Riblon et les deux ascensions

Pour le 100e Tour, l'organisation ose une première : gravir l'Alpe deux fois dans la même étape. Les coureurs passent une première fois au sommet à 50 kilomètres de l'arrivée, basculent par le col de Sarenne, puis remontent les 21 virages pour l'arrivée finale.

Christophe Riblon, parti dans une échappée à neuf, se retrouve à 40 secondes de Tejay van Garderen à six kilomètres du but. « À cinq kilomètres, je n'y croyais plus pour la gagne », dira-t-il. Il revient sur l'Américain sous la banderole des deux kilomètres et se détache aussitôt. Seule victoire française du centenaire.

Derrière, Chris Froome craque en hypoglycémie et se fait ravitailler illégalement par Richie Porte dans la dernière ascension.

Date18 juillet 2013, 18e étape
ParcoursGap – Alpe d'Huez, via le Sarenne
Fait uniqueDeux ascensions dans une seule étape
La descente

2022 — Pidcock, 22 ans, un 14 juillet

Premier Tour de France pour Tom Pidcock. Dans la descente du Galibier, le Britannique signe une démonstration de pilotage qui restera dans les mémoires, puis attaque en solitaire au pied de l'Alpe. Il tient jusqu'au sommet.

Son récit d'après-course dit tout de ce que cette montée fait vivre : il n'entendait presque plus rien, il a cru se faire faucher à plusieurs reprises, et il slalomait entre les drapeaux et les poings des spectateurs. « L'une de mes meilleures expériences dans le cyclisme », dira-t-il.

Date14 juillet 2022
Âge22 ans, premier Tour
Le momentLa descente du Galibier
Première historique

2026 — l'Alpe deux jours de suite

Le Tour 2026 programme l'Alpe d'Huez sur deux étapes consécutives, les 19 et 20, à quatre jours de Paris. L'étape reine cumule 5 600 m de dénivelé sur 171 km : Croix de Fer, Télégraphe, Galibier — toit du Tour — puis le col de Sarenne par son versant sud-est, inédit dans la course, avant la remontée finale par les 21 virages.

La caravane publicitaire n'emprunte pas le Sarenne, route trop étroite, réservée aux coureurs et aux secours. Avec ces deux passages, l'Alpe inscrit ses 33e et 34e étapes au palmarès.

Étapes19 et 20 du Tour 2026
Dénivelé5 600 m sur 171 km
PremièreDeux jours consécutifs
Affiche L'Échappée du maillot jaune illustrée par Cyril
Seul devant
Affiche « L'Échappée du maillot jaune »
★★★★★
Riblon à cinq kilomètres qui n'y croit plus, Pidcock qui attaque au pied : l'Alpe récompense ceux qui partent seuls. Cette illustration fixe ce moment où un coureur décide de ne plus attendre.
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2001 : le regard par-dessus l'épaule

Il y a des images qui traversent les années sans vieillir. Dans l'ascension finale vers l'Alpe d'Huez, Lance Armstrong semble peiner. Jan Ullrich accélère. Le groupe des favoris explose. Armstrong se laisse distancer de quelques mètres, la tête penchée, le visage fermé.

Puis il lève les yeux. Regarde Ullrich. Et repart.

Ce regard reste l'un des moments les plus discutés de l'iconographie cycliste : provocation calculée, vrai coup de moins bien, ou simple gestion de l'effort ? Les aveux ultérieurs d'Armstrong sur ses pratiques dopantes ont rendu la question plus opaque encore. Mais la scène existe, et l'émotion qu'elle a provoquée sur le moment aussi.

Le savais-tu ? L'affaire qui a fait retirer un nom des panneaux

En 1978, le Belge Michel Pollentier franchit la ligne en tête à l'Alpe d'Huez et s'empare du maillot jaune. Au contrôle antidopage, il est surpris en train d'utiliser un système de poire et de tuyau dissimulé sous son maillot pour fournir une urine qui n'était pas la sienne. Il est disqualifié dans la foulée.

La victoire est attribuée à Hennie Kuiper, qui signe ainsi son deuxième succès au sommet après 1977. C'est l'un des rares cas où le palmarès de la montagne a été réécrit après coup — et une des raisons pour lesquelles les panneaux bleus ont parfois changé de nom.

2024 : quatre secondes

En 2024, le Tour de France Femmes est monté à l'Alpe d'Huez pour la première fois de son histoire. Demi Vollering remporte l'étape au sommet — et perd le classement général pour quatre secondes, au bénéfice de Kasia Niewiadoma-Phinney.

Quatre secondes après trois semaines de course, décidées dans les 21 virages : c'est l'un des dénouements les plus serrés de l'histoire du cyclisme sur route, toutes catégories confondues. La montagne n'a pas attendu longtemps pour offrir au peloton féminin le même genre de scénario impossible qu'aux hommes depuis 1952.

Les vainqueurs qui ont marqué l'Alpe

Année Coureur Ce qui reste
1952 Fausto Coppi 🇮🇹 La première arrivée au sommet de l'histoire du Tour
1976 Joop Zoetemelk 🇳🇱 Le retour de l'Alpe après 24 ans d'absence
1978 Hennie Kuiper 🇳🇱 Victoire attribuée après la disqualification de Pollentier
1986 Hinault / LeMond 🇫🇷🇺🇸 L'arrivée main dans la main, et la tension derrière le geste
1992 Andrew Hampsten 🇺🇸 Premier Américain vainqueur au sommet
1995 · 1997 Marco Pantani 🇮🇹 Les deux ascensions les plus rapides jamais chronométréesRecord
2001 Lance Armstrong 🇺🇸 Le regard par-dessus l'épaule, image devenue icône
2013 Christophe Riblon 🇫🇷 La double ascension du centenaire, en une seule étape
2022 Tom Pidcock 🇬🇧 22 ans, un 14 juillet, après la descente du Galibier
2024 Demi Vollering 🇳🇱 Première arrivée du Tour de France Femmes au sommet

« L'Alpe d'Huez n'a pas de mémoire sélective. Elle garde tout : les exploits, les chutes, les tricheries et les larmes d'enfants qui regardent passer leurs héros. »

Cyril Flous, illustrateur
Vue aérienne des lacets de l'Alpe d'Huez serpentant à travers les prairies alpines
Vus du ciel, les 21 virages ressemblent à une partition. Sur le bitume, c'est une autre musique.
Affiche Le Maillot Jaune illustrée par Cyril
Le symbole
Affiche « Le Maillot Jaune »
★★★★★
C'est souvent dans ces 21 virages qu'il change d'épaules. Le vêtement le plus convoité du cyclisme, illustré pour ceux qui savent ce qu'il coûte à porter jusqu'à Paris.
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Monter l'Alpe d'Huez en amateur

Un cycliste entraîné mais pas professionnel compte généralement entre 55 minutes et 1 h 20. Un amateur performant descend autour de 50 minutes. Les professionnels du Tour, eux, oscillent entre 37 et 43 minutes selon la fatigue accumulée et la stratégie de course.

L'écart dit quelque chose d'important : ce que les coureurs font dans ces lacets n'a presque aucun équivalent dans la vie physique ordinaire. C'est précisément cette inaccessibilité qui rend l'ascension fascinante à regarder.

Mais pour l'amateur qui la gravit à son rythme, il se passe autre chose : la certitude silencieuse d'avoir posé ses roues là où Coppi, Pantani et Pidcock ont posé les leurs. La route est la même. C'est déjà beaucoup.

Le détail que les guides ne mentionnent jamais

La lumière de juillet sur les prairies, au-dessus du virage 10. Elle arrive de côté, elle dore le gravier sur l'accotement, et pendant une fraction de seconde on oublie la douleur dans les cuisses.

C'est fugace. Mais c'est là, et c'est réel, et c'est une des raisons pour lesquelles on revient.

Si tu suis le Tour au-delà de cette montée, nous avons détaillé ailleurs le palmarès de Tadej Pogačar sur la Grande Boucle, qui raconte la domination la plus nette du cyclisme récent.


L'Alpe d'Huez n'est pas un stade qu'on construit et qu'on déplace. Elle est là, fixe, avec ses courbes numérotées et ses pentes qui ne négocient pas. C'est précisément parce qu'elle ne change pas que les hommes et les femmes qui y passent chaque été semblent se mesurer à quelque chose de permanent. Toujours la même route, toujours les mêmes 21 épingles — et à chaque Tour, une ligne de plus sur les panneaux bleus.

Questions fréquentes sur l'Alpe d'Huez

Qui détient le record de l'ascension de l'Alpe d'Huez ?

Marco Pantani, sans discussion — mais le chrono exact dépend de la source et du point de départ retenu. On cite le plus souvent 36 minutes et 40 secondes en 1995, soit 23,08 km/h de moyenne, et parfois 37 minutes et 35 secondes pour son ascension de 1997. Dans les deux cas, aucun coureur n'a fait mieux depuis, et le contexte de cette période du cyclisme reste controversé.

Combien de temps faut-il pour gravir l'Alpe d'Huez à vélo ?

Un amateur entraîné compte entre 55 minutes et 1 h 20. Un amateur très performant peut descendre sous les 50 minutes. Les professionnels du Tour se situent entre 37 et 43 minutes. Pour un premier passage, l'objectif est simplement de terminer : les deux premiers kilomètres dépassent 10 % de pente et décident souvent de la suite.

L'Alpe d'Huez a-t-elle déjà été gravie deux fois de suite ?

Deux fois, et selon deux formats différents. En 2013, lors de la 18e étape du centenaire, les coureurs l'ont gravie deux fois dans la même journée, avec une descente du col de Sarenne entre les deux montées ; Christophe Riblon l'avait emporté. En 2026, le Tour a innové autrement, en la programmant sur deux étapes consécutives, les 19 et 20 — un format inédit dans l'histoire de la course.

Pourquoi le virage 7 s'appelle-t-il le Dutch Corner ?

Parce que les Néerlandais y sont chez eux, au sens propre comme au figuré. Leur domination sur l'Alpe est historique : plus de huit victoires au sommet, avec Zoetemelk, Kuiper ou Winnen. Le virage 7 est devenu le point de rassemblement de leurs supporters, qui s'y installent plusieurs jours avant le passage du Tour et le transforment en une fête orange permanente.

Combien de fois le Tour est-il passé par l'Alpe d'Huez ?

Avec les deux étapes de 2026, l'Alpe d'Huez totalise 34 étapes au palmarès du Tour de France. La montée n'a pourtant pas figuré à chaque édition : après la première arrivée de 1952, elle disparaît pendant vingt-quatre ans, avant de revenir en 1976 et de devenir progressivement un passage régulier.

Quelle est la partie la plus difficile de la montée ?

Le début. Les deux premiers kilomètres, entre Bourg-d'Oisans et le virage 21, dépassent les 10 % de pente alors que les jambes sortent du plat. La route reste ensuite entre 8 et 10 % jusqu'à Huez, puis s'adoucit à 7 % avec quelques pointes à 13 %, avant un dernier kilomètre à 5 %. C'est donc dans les premiers lacets que les écarts se créent, pas dans le final.

Affiches vélo illustrées par Cyril

Le Tour au mur

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